Le contraste est total avec la matinée : nous quittons les bambous pour le bois noirci et les dorures du pouvoir. Le château de Nijō a été édifié en 1603 par Tokugawa Ieyasu, le premier shogun de la dynastie éponyme, comme résidence officielle des shoguns dans la capitale impériale — un pied-à-terre stratégique, non loin du palais de l'empereur, pour surveiller la cour sans y résider. Le palais Ninomaru, classé trésor national et inscrit au patrimoine mondial, enchaîne six bâtiments reliés en enfilade : vous avancez de salle en salle, sur des tatamis, en suivant un circuit à sens unique.
Le détail que tout le monde attend, ce sont les planchers dits « rossignols » : sous la pression du pas, les lames de bois émettent un grincement aigu, un vieux système d'alarme involontaire ou voulu, selon les récits, qui rend toute intrusion impossible dans le silence. Les grandes salles, ornées de peintures d'école Kanō et de sculptures sur bois, servaient de cadre aux réceptions du shogun, face aux seigneurs venus lui prêter allégeance. Dehors, le jardin Ninomaru dessiné par le maître Kobori Enshū déroule un étang, des pierres choisies et des pins taillés avec une précision d'orfèvre. En mai, le vert est dense et les allées sont tranquilles. Une visite pieds nus, éclairée à la lumière naturelle : prenez le temps de regarder les détails de menuiserie, ils valent le détour à eux seuls.
Notes
On se déchausse pour la visite du palais et les photographies sont interdites à l'intérieur : gardez l'appareil pour les jardins. Les horaires d'ouverture varient selon la saison et la période de l'année, avec des fermetures certains jours en hiver et en plein été : vérifiez l'horaire du jour au moment d'acheter votre billet, d'autant que la fin d'après-midi est consacrée à votre transfert vers la gare.