En 1894, au moment où éclate la première guerre sino-japonaise, le fort Cihou est équipé de quatre canons britanniques Armstrong de huit pouces, à chargement par la culasse. Au début de l'année suivante, le 1er février 1895, une explosion ravage le fort. Environ une tonne de poudre à canon de fabrication locale explose pour des raisons qui restent inconnues. L'explosion fissure les murs de protection en de nombreux endroits et tue une centaine de soldats. Liu Chengliang, fils adoptif du commandant Liu Yongfu, prend alors la direction de la défense et conduit les réparations. La véritable épreuve survient en octobre, lorsque les forces japonaises arrivent pour s'emparer de Taïwan. À 6 h 55 le matin du 15, le croiseur Yoshino, à la tête de navires dont l'Akitsushima, ouvre le feu. L'armée du Drapeau noir, sous les ordres de Liu Yongfu et Liu Chengliang, riposte par un violent duel d'artillerie qui dure jusqu'au soir. Finalement, les forces japonaises percent les lignes et débarquent. L'histoire du fort ne s'arrête pas là. Vers la fin de la période japonaise, pendant la guerre du Pacifique, le fort est transformé en position antiaérienne. Ses canons d'origine sont retirés et plusieurs bunkers sont ajoutés. Après la guerre, l'armée occupe la colline et ajoute des nids de mitrailleuses, des bunkers, des casernements et des tunnels. Pendant des décennies, la zone reste militaire et interdite, et le vieux fort se dégrade lentement.