C'est ici, au seizième siècle, en 1516 très exactement, qu'est né le premier ghetto au monde. Le Sénat de la République de Venise décréta que la population juive devait résider dans une zone fermée du quartier de Cannaregio. Le mot « ghetto » vient du vénitien « geto », qui signifie « fonderie », car le quartier était autrefois le site d'une fonderie de fer et de cuivre où l'on jetait, ou « ghettare », les scories de métal. En raison de l'espace limité, les habitants ont été forcés de construire en hauteur, créant ce que certains appellent aujourd'hui les « gratte-ciel de Venise », des bâtiments atteignant parfois sept ou huit étages. En vous promenant dans le Ghetto Nuovo, admirez la simplicité des façades des cinq synagogues historiques, souvent dissimulées à l'étage supérieur des habitations. C'est un témoignage poignant d'une communauté qui a su s'épanouir malgré les restrictions de mouvement et le couvre-feu imposé par la République jusqu'à l'arrivée de Napoléon en 1797.