La façade et la cour historiques relèvent d'un autre accès, depuis la Via San Martino ai Monti. Vous n'êtes peut-être pas entré par là : l'église possède aussi son entrée pour les visiteurs Via di Santa Prassede. Le porche historique utilise des colonnes et des chapiteaux qui rappellent le réemploi de matériaux anciens dans les bâtiments romains postérieurs. L'espace ouvert au-delà fait en partie écho au quadriportique paléochrétien qui se dressait autrefois ici, où des colonnes ont été retrouvées, certaines appartenant probablement à cette structure d'origine. La façade de brique a été restaurée entre 1937 et 1938 afin de retrouver son apparence la plus ancienne, de l'époque du pape Pascal Ier, après les modifications de l'époque baroque. Saint Charles Borromée, cardinal-prêtre de Santa Prassede de 1564 à 1584, a lui aussi laissé sa marque : l'escalier et le portail ont été refaits à sa demande, dans le cadre d'un vaste programme de restauration — et de soin des pauvres et des malades, qu'il a poursuivi toute sa vie. À l'intérieur, l'église conserve les restes de plus de deux mille martyrs, associés à des transferts depuis les catacombes romaines pendant le pontificat de Pascal. Et c'est une église stationale du Carême, l'un des points d'arrêt traditionnels de la saison pénitentielle romaine. Ici, la foi n'est pas une pièce de musée ; elle est toujours en service.