Pour comprendre Sanssouci, il faut comprendre l'homme qui l'a créé. Frédéric le Grand était un personnage aux contrastes saisissants : un général de génie sur les champs de bataille, mais aussi un poète, un musicien et un philosophe. Ici, les femmes étaient rarement admises, y compris son épouse, la reine Élisabeth Christine, qui restait à Berlin ou au château de Schönhausen. Le roi préférait la compagnie de ses chiens, ses lévriers italiens, qu'il aimait plus que tout. Il passait une grande partie de son temps à jouer de la flûte traversière dans la salle de concert, entouré d'un cercle très fermé d'intellectuels et d'amis, dont le célèbre philosophe français Voltaire, qui vécut ici pendant trois ans. C'est cette atmosphère de retraite intellectuelle qui définit le palais. Les dix pièces principales du château ont été conservées dans leur état d'origine, reflétant les goûts personnels du roi jusqu'au moindre détail. Sanssouci n'était pas un palais pour la Prusse, mais un palais pour Frédéric, un sanctuaire où il pouvait enfin être lui-même, loin des bruits de la guerre et des contraintes du protocole.